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Dans les coulisses d’un Euro Cecifoot avec Gaël : « Pendant 10 jours, on vit dans une bulle »

Publié le septembre 5, 2026 par Jérémie BERNARD

Dans les coulisses d’un Euro Cecifoot avec Gaël : « Pendant 10 jours, on vit dans une bulle »

Onze arbitres, quatre matchs par jour, des journées qui peuvent s’étirer de 7 heures du matin jusqu’à plus de minuit, une finale et, surtout, une expérience humaine et sportive particulièrement intense.

De retour de Strasbourg après son deuxième Euro, Gaël nous emmène dans les coulisses d’une compétition internationale. Désignations, préparation, rythme des journées, moments de doute et souvenirs : il nous raconte son tournoi de l’intérieur.

Gaël, comment se déroule un Euro Cecifoot lorsqu’on le vit côté arbitres ?

Nous étions onze arbitres sur la compétition, dont six Français. Quatre matchs étaient programmés chaque jour et cinq arbitres étaient mobilisés par rencontre, avec différents rôles.

Sur l’ensemble du tournoi, j’ai participé à dix matchs : cinq fois à la table de marque, plusieurs fois comme troisième ou quatrième arbitre, et trois rencontres directement sur le terrain.

J’ai notamment arbitré des matchs impliquant la Roumanie, l’Italie, l’Angleterre, la Grèce, l’Allemagne ou encore l’Espagne.

C’est ce qui rend ce type de compétition particulièrement intéressant : on change régulièrement de rôle, de rencontre et d’environnement. Il faut être capable de rester concentré et disponible pendant toute la durée du tournoi.

À quoi ressemble une journée type pendant la compétition ?

C’est intense !

Nous sommes arrivés à Strasbourg le vendredi 14. Les deux journées suivantes ont été consacrées à la préparation : réunions, découverte du terrain, vidéos, consignes techniques… Deux jours très denses avant même le début de la compétition.

Ensuite, les journées de match s’enchaînent. Sur les premiers jours, les rencontres étaient programmées à 13h30, 15h, 18h et 21h. Nous étions généralement désignés sur deux matchs dans la journée, mais nous restions mobilisés sur l’ensemble du programme.

Concrètement, nous quittions l’hôtel vers 11h ou 11h30 et nous ne revenions qu’après le dernier match, vers 23h15.

Et la journée n’était pas forcément terminée ! Lorsque j’arbitrais une rencontre, j’avais l’habitude de la revoir le soir pour préparer le débrief du lendemain. Le coucher pouvait donc facilement arriver vers 0h30 ou 1h, avant un réveil autour de 7h pour la réunion et le débrief du matin.

Pendant dix à douze jours, on vit vraiment dans une bulle. On est avec les mêmes personnes, concentrés sur la compétition du matin au soir.

Quel a été ton meilleur souvenir ?

Je pense que je retiendrai ma désignation pour la finale.

Même si j’étais à la table et pas directement sur le terrain, cela reste une finale. Nous sommes des compétiteurs et une désignation comme celle-là fait forcément plaisir.

C’était, de mémoire, ma première désignation sur une finale de tournoi international. C’est donc un moment particulier et une vraie satisfaction après l’investissement demandé pendant toute la compétition.

Et le moment le plus difficile ?

Mon deuxième match.

Je suis un peu passé à travers. Il y a parfois des rencontres pendant lesquelles on sent que l’on n’est pas totalement dedans et que le match commence à nous échapper. Ce n’est évidemment jamais agréable.

Mais cela fait aussi partie de l’expérience. L’important est d’être capable de l’analyser, de l’accepter et surtout de rebondir. Il faut rapidement se remettre dans la compétition parce qu’une nouvelle désignation arrive derrière.

Sur un tournoi aussi dense, on n’a de toute façon pas vraiment le temps de rester bloqué sur un match.

Après plusieurs compétitions internationales, sens-tu une évolution du niveau ?

Oui, clairement.

C’était mon deuxième Euro. J’ai désormais connu différentes compétitions et on voit que le niveau de jeu et l’intensité augmentent.

Les équipes se préparent de plus en plus et disposent également de davantage de moyens pour performer. Cela se ressent forcément sur le terrain et, par conséquent, sur les exigences auxquelles nous devons répondre en tant qu’arbitres.

Chaque compétition permet aussi d’accumuler de l’expérience. On apprend sur les matchs, bien sûr, mais également grâce aux échanges avec les autres arbitres, aux débriefs et à tout le travail réalisé autour des rencontres.

Le public a-t-il également contribué à la réussite de cet Euro ?

Oui, et c’était une très bonne surprise.

Le public a répondu présent, et pas uniquement pour les matchs de l’équipe de France. La demi-finale et la finale ont évidemment attiré beaucoup de monde, mais même sur d’autres rencontres, les tribunes étaient bien remplies.

Sur l’un des matchs que j’ai arbitrés, il devait par exemple y avoir 300 ou 400 personnes.

On sent que certains ont découvert la discipline à la télévision et se sont dit : « C’est chez nous, allons voir ! »

Et surtout, nous avons eu un public très respectueux de toutes les équipes et des arbitres. C’était vraiment agréable à vivre.

Finalement, qu’est-ce que tu retiendras de ces dix jours ?

Une nouvelle très belle expérience, à la fois sportive et humaine.

L’organisation était excellente et les organisateurs avaient déjà une vraie expérience de ce type d’événement. Pendant dix ou douze jours, nous avons vécu ensemble quasiment en permanence. Cela crée forcément quelque chose de particulier.

La fin d’un tournoi est d’ailleurs toujours un moment étrange. Cette fois, la France a gagné, ce qui fait évidemment plaisir, même si dans notre rôle nous devons rester totalement neutres : pendant la compétition, nous ne sommes pas là en tant qu’« arbitres français », mais comme arbitres de la compétition.

Le dernier soir, toutes les équipes et les officiels se sont retrouvés pour une soirée de gala. Après autant de journées passées dans notre bulle, c’est un moment très convivial où tout le monde peut enfin relâcher un peu la pression.

Et puis vient le retour à la maison…

Après une dizaine de jours avec aussi peu de sommeil et autant de concentration, j’ai quasiment dormi pendant trois jours !

Mais c’est aussi ça que l’on retient : l’intensité, les rencontres, les matchs et l’envie de recommencer.